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Trouver l’équilibre pour prendre soin de sa mémoire



Stimuler son cerveau, oui… mais pas au prix de l’épuisement

Faire des exercices de mémoire, apprendre de nouvelles choses, lire, écrire, jouer, discuter ou découvrir un sujet peuvent être de très belles façons de mobiliser ses capacités. Ces activités sollicitent l’attention, le langage, la mémoire, le raisonnement, l’organisation ou encore la flexibilité mentale.


Mais pour être bénéfique, la stimulation a besoin de rester adaptée. Elle ne devrait pas devenir une pression supplémentaire, ni une source d’échec, de fatigue ou de découragement.


Lorsque la fatigue s’installe, l’attention diminue, les erreurs augmentent, les oublis sont plus fréquents et le plaisir peut disparaître.
Lorsque la fatigue s’installe, l’attention diminue, les erreurs augmentent, les oublis sont plus fréquents et le plaisir peut disparaître.

On peut parfois vouloir trop en faire : remplir la journée, multiplier les activités, proposer plusieurs exercices à la suite, maintenir un rythme qui ne correspond plus tout à fait à l’énergie disponible. Pourtant, lorsque la fatigue s’installe, l’attention diminue, les erreurs augmentent, les oublis sont plus fréquents et le plaisir peut disparaître. Dans ces moments-là, ce n’est pas forcément la mémoire qui ne veut plus. C’est simplement le cerveau qui a besoin de repos, de calme ou d’un rythme plus doux.


La mémoire a besoin d’énergie pour bien fonctionner

On pense souvent à la mémoire comme à une fonction isolée : se souvenir d’un rendez-vous, retrouver un mot, reconnaître un visage, raconter un souvenir. En réalité, la mémoire dépend de nombreux autres mécanismes.


Pour se souvenir, il faut d’abord pouvoir être attentif. Pour être attentif, il faut disposer d’un minimum d’énergie. Pour garder de l’énergie, il faut dormir suffisamment, récupérer, s’alimenter correctement, bouger un peu, se sentir en sécurité, ne pas être envahi par le stress ou les préoccupations.


C’est pour cela qu’une période de fatigue, de mauvais sommeil, d’inquiétude ou de surcharge peut donner l’impression que la mémoire va moins bien. Le cerveau est alors moins disponible pour enregistrer, organiser et retrouver les informations.

Le sommeil joue notamment un rôle important dans le fonctionnement cognitif, en particulier pour l’attention, la mémoire et la consolidation des apprentissages.
Le sommeil joue notamment un rôle important dans le fonctionnement cognitif, en particulier pour l’attention, la mémoire et la consolidation des apprentissages.

Le sommeil joue notamment un rôle important dans le fonctionnement cognitif, en particulier pour l’attention, la mémoire et la consolidation des apprentissages.

Prendre soin de sa mémoire, ce n’est donc pas seulement ajouter des activités. C’est aussi se demander : De quoi mon cerveau a-t-il besoin aujourd’hui pour mieux fonctionner ?


Le moral et la mémoire avancent ensemble

Le moral influence fortement la manière dont on mobilise ses capacités. Lorsqu’on se sent découragé, anxieux, triste ou sous pression, il devient plus difficile de se concentrer, de prendre des initiatives ou d’oser essayer.

lorsqu’une activité procure du plaisir, redonne confiance ou permet de se sentir capable, elle soutient aussi l’engagement cognitif.
Lorsqu’une activité procure du plaisir, redonne confiance ou permet de se sentir capable, elle soutient aussi l’engagement cognitif.

À l’inverse, lorsqu’une activité procure du plaisir, redonne confiance ou permet de se sentir capable, elle soutient aussi l’engagement cognitif. On essaie plus volontiers, on persévère davantage, on accepte mieux l’aide, on retrouve parfois l’envie de participer.


C’est un point essentiel dans l’accompagnement des troubles cognitifs : l’objectif est de préserver l’estime de soi, le sentiment d’utilité, le plaisir de faire, la possibilité de partager un moment avec un proche. Une activité bien choisie et vécue positivement peut avoir plus d’effet qu’une activité trop difficile, pourtant très stimulante sur le papier.


Bouger un peu, c’est aussi prendre soin de son cerveau

L’activité physique est souvent associée au corps, à l’équilibre, à la prévention des chutes ou à la santé cardiovasculaire. Mais elle concerne aussi le cerveau.


Marcher, jardiner, faire quelques mouvements doux, aller chercher le pain, s’étirer, danser quelques minutes ou simplement changer de pièce pour s’activer un peu peuvent contribuer à soutenir l’attention, l’humeur et le niveau d’énergie. L’Organisation mondiale de la Santé et plusieurs travaux scientifiques soulignent l’intérêt de l’activité physique dans la prévention du déclin cognitif et le maintien de la santé cérébrale.

Une activité du quotidien peut devenir une occasion de se sentir actif et impliqué. Le cerveau aime le mouvement mais il apprécie aussi la mesure.
Une activité du quotidien peut devenir une occasion de se sentir actif et impliqué. Le cerveau aime le mouvement mais il apprécie aussi la mesure.

Il ne s’agit pas de viser la performance. Pour beaucoup de personnes, l’enjeu est plutôt de maintenir une activité régulière, réaliste, sécurisante et compatible avec les capacités du moment.


Une petite marche peut aider à relancer l’énergie. Quelques mouvements peuvent permettre de retrouver de la disponibilité. Une activité du quotidien peut devenir une occasion de se sentir actif et impliqué. Le cerveau aime le mouvement mais il apprécie aussi la mesure.


Les repères rassurent et libèrent de l’énergie

Lorsque la mémoire devient plus fragile, les repères du quotidien prennent une place importante. Un agenda visible, une routine souple, des objets rangés au même endroit, une liste simple, un calendrier bien placé ou des étiquettes peuvent éviter de mobiliser trop d’énergie sur des détails.


Ces repères ne sont pas des signes de faiblesse. Au contraire, ils soutiennent l’autonomie.

Ils permettent au cerveau de s’appuyer sur l’environnement au lieu de tout porter seul. Ils diminuent la charge mentale, réduisent certaines inquiétudes et facilitent l’engagement dans les activités.


Par exemple, noter un rendez-vous, cocher une tâche réalisée ou préparer une liste de courses peut aider à se sentir plus en maîtrise. Ce sont des gestes simples, mais ils peuvent apporter un vrai sentiment de sécurité.


Le lien social : une stimulation naturelle et profondément humaine

Discuter avec quelqu’un, raconter un souvenir, partager un repas, téléphoner à un proche, participer à une activité, échanger autour d’une photo ou d’une recette : toutes ces situations sollicitent naturellement le cerveau.

Discuter avec quelqu’un, raconter un souvenir, partager un repas, téléphoner à un proche, participer à une activité, échanger pour solliciter naturellement notre cerveau.
Discuter avec quelqu’un, raconter un souvenir, partager un repas, téléphoner à un proche, participer à une activité, échanger pour solliciter naturellement notre cerveau.

Elles mobilisent le langage, l’attention, la mémoire autobiographique, les émotions, la compréhension, l’adaptation à l’autre. Elles nourrissent aussi quelque chose de fondamental : le sentiment d’exister dans la relation. Les études montrent que le lien social et la lutte contre l’isolement sont associés à une meilleure santé globale et cognitive chez les personnes âgées.


Mais là encore, l’équilibre compte. Il ne s’agit pas de remplir chaque journée de visites ou de sollicitations. Certaines personnes ont besoin de temps calmes, de pauses, de moments seules. L’important est de ne pas laisser l’isolement s’installer, tout en respectant le rythme de chacun. Un échange court, chaleureux et régulier peut parfois être plus bénéfique qu’une longue activité vécue comme fatigante.


S’autoriser à ralentir, ce n’est pas renoncer

Dans notre société, "rester actif" est souvent présenté comme une injonction. Il faudrait toujours faire, produire, apprendre, entretenir, prévenir, anticiper. Pourtant, ralentir est aussi une façon de prendre soin de soi.

S’autoriser à ralentir, ce n’est pas renoncer
S’autoriser à ralentir, ce n’est pas renoncer

Faire une pause, écouter de la musique, regarder par la fenêtre, boire un café tranquillement, feuilleter un livre, respirer quelques minutes, s’installer au calme : ces moments ne sont pas vides. Ils permettent au cerveau de récupérer, de se réorganiser, de retrouver de la disponibilité.


S’autoriser à ralentir, ce n’est pas abandonner ses capacités. C’est reconnaître que l’énergie n’est pas illimitée. C’est respecter son rythme. C’est créer de meilleures conditions pour notre bien être.


Et les exercices de mémoire dans tout ça ?

Les exercices de stimulation cognitive gardent toute leur place. Ils peuvent aider à entretenir certaines fonctions, à maintenir une dynamique, à structurer un moment, à soutenir la confiance ou à favoriser le lien entre la personne accompagnée et son aidant.


Mais pour être réellement bénéfiques, ils doivent être pensés de manière simple, accessible et respectueuse du rythme de chacun.


C’est dans cet esprit que les Carnets de Léon et Augustine ont été conçus : proposer des exercices courts, d’environ 15 minutes, à raison d’un exercice par jour. Ce format permet de stimuler le cerveau sans créer de fatigue ni de pression, tout en installant une routine douce et rassurante.


Chaque activité est pensée pour être valorisante. L’objectif n’est pas de mettre en difficulté, mais de permettre à la personne de réussir, de se sentir capable et de reprendre confiance dans ses capacités.


Les exercices sont également conçus pour favoriser les échanges. Ils peuvent être réalisés seul ou accompagné mais ils deviennent souvent un support de discussion, de souvenirs partagés ou de moments de complicité entre la personne et son aidant.



L’objectif n’est pas de prouver que l’on sait encore faire. L’objectif est de mobiliser ce qui est là, de préserver l’envie d’essayer et de renforcer le sentiment de compétence. La stimulation cognitive devient alors un moment agréable, accessible et humain, qui soutient à la fois la mémoire, la confiance et le lien.


En conclusion

La mémoire ne vit pas seule. Elle avance avec le corps, le sommeil, le moral, les habitudes, les relations, les émotions et l’environnement.

Entretenir son cerveau ne signifie pas remplir chaque minute, ni se forcer à apprendre, ni rester actif à tout prix. Cela peut être beaucoup plus simple, plus humain et plus respectueux du rythme de chacun.

Marcher un peu. Dormir mieux quand c’est possible. Partager un moment. Garder des repères. Faire une activité plaisante. S’autoriser à souffler. Reprendre plus tard.


Prendre soin de sa mémoire, c’est chercher un équilibre : assez de stimulation pour rester engagé, assez de repos pour ne pas s’épuiser, assez de lien pour ne pas s’isoler, assez de douceur pour préserver l’envie de continuer.


Et parfois, la meilleure chose à proposer au cerveau, ce n’est pas d’en faire plus. C’est de lui offrir les bonnes conditions pour faire mieux, à son rythme.



 
 
 
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