top of page
Rechercher

Pour que la cuisine continue de nourrir notre mémoire

Cuisiner, ce n’est pas juste suivre une recette. C’est une succession de petites décisions : s’organiser, anticiper, enchaîner des étapes, rester concentré, gérer le temps, s’adapter si un ingrédient manque… Et quand la mémoire ou l’attention sont un peu fragilisées (ou simplement quand on est fatigué), tout cela peut devenir plus coûteux.


L’objectif de cet article est de rendre la cuisine plus sereine, plus simple, pour préserver l’autonomie et le plaisir… sans s’épuiser.


Cuisiner la mémoire

Cuisiner (même un peu) sollicite naturellement l’organisation et la planification : on prépare, on anticipe, on suit un ordre. Cela mobilise aussi la mémoire de travail, celle qui permet de garder en tête l’étape en cours et ce qu’on fait juste après. Et puis il y a la flexibilité : on ajuste si l’on n’a pas tout sous la main, on trouve une alternative.


La cuisine réveille les sens : odeurs, textures, goûts… qui peuvent faire remonter des souvenirs et des émotions agréables. Et c’est là un point très précieux : la cuisine peut devenir un terrain de confiance, à condition de réduire la charge mentale et d’installer des repères qui soulagent la mémoire.


La cuisine réveille les sens : odeurs, textures, goûts… qui peuvent faire remonter des souvenirs et des émotions agréables.

Soulager la mémoire

Quand la mémoire de travail fatigue, ce qui pèse le plus, ce n’est pas forcément la cuisson. Ce sont les petites choses à gérer en même temps : chercher, choisir, se rappeler, surveiller, décider, repartir sur une autre tâche…


Alors la stratégie la plus efficace, c’est souvent de sortir certaines informations de la tête pour les mettre à l’extérieur : sur une fiche, un minuteur, une routine simple.


7 astuces concrets pour cuisiner plus sereinement

1- Choisir une recette qui favorise la réussite

Il peut être très rassurant de commencer par un repas simple, surtout si l’on n’a pas cuisiné depuis un moment ou si l’on se sent fatigué. Une soupe, une salade composée, une omelette, un plat “assemblé” (sans cuisson complexe), un gratin au four… Ce sont des recettes qui protègent la concentration parce qu’elles demandent moins de simultané et moins de timing serré.


2- Préparer le décor avant de commencer

Avant même d’allumer quoi que ce soit, offrez-vous deux minutes de préparation :

  • Poser la recette à vue

  • Sortir les ingrédients

  • Rassembler les ustensiles indispensables

  • Dégager le plan de travail.

Tout cela évite les allers-retours, les recherches et les interruptions qui cassent la concentration.


3- S'autoriser les raccourcis

Légumes surgelés, aliments déjà épluchés, portions individuelles, sauces simples… Ce n'est pas de la triche. Ce sont des outils d’autonomie. L’énergie économisée ne disparaît pas : elle sert à ce qui compte vraiment, comme cuisiner sans tension et profiter du moment.


4- Faire une seule chose à la fois et donner des repères visuels

En cuisine, on a vite tendance à tout lancer en même temps. Or, quand l’attention fatigue, le multitâche est souvent ce qui fait perdre le fil.

Une règle simple peut déjà changer beaucoup de choses : une action → on termine → on passe à la suivante.

Concrètement, cela peut ressembler à : « Je coupe les légumes. » Puis seulement après : « Je mets l’eau à chauffer. » Ce rythme plus linéaire donne une impression de contrôle et réduit les oublis.


Et pour que ce soit encore plus sécurisant, il peut être très aidant d’ajouter un repère visuel : dès qu’une action est terminée, on la coche ou on la barre. Cela envoie un message clair : “c’est fait, je peux passer à la suite”… sans avoir à le garder en tête.


ajouter un repère visuel : dès qu’une action est terminée, on la coche ou on la barre.

Si vous ne souhaitez pas écrire directement sur un livre de recettes, une astuce toute simple consiste à glisser la recette dans une pochette plastique transparente. Vous pouvez alors barrer les étapes au fur et à mesure avec un feutre Velleda (type tableau blanc). C’est un petit outil très pratique : il permet de suivre la recette point par point, sans stress et sans abîmer le support.


Cette logique peut aussi s’appliquer dès le début, au moment de préparer le plan de travail. Quand vous sortez les ingrédients, vous pouvez barrer progressivement les ingrédients sur la fiche au moment où ils sont posés sur le plan de travail. Là encore, le cerveau n’a plus besoin de se demander “est-ce que je l’ai déjà sorti ?” : l’information est visible, simple, rassurante.


5- Installer des repères de temps

Le temps est une grande source de fatigue cognitive : " Combien de minutes ? Est-ce que ça cuit trop ? Est-ce que j’ai oublié ? " Une minuterie, une alarme, un minuteur de four libèrent énormément la mémoire de travail. On n’a plus besoin de garder le temps en tête : il devient un repère extérieur, fiable.

Vous pourriez adopter une habitude très simple : dès qu’une cuisson commence, un minuteur se met en route. Même si c’est pour 5 minutes, c’est déjà un soulagement.


6- Une feuille de route qui soutient la mémoire

La fiche " Organiser la préparation d’une recette " est un support qui joue le rôle de mémoire externe. Elle aide à anticiper et à ne pas changer de tâche en cours de route, ce qui est justement difficile quand la mémoire de travail est fragile.


Cette fiche est très utile lorsque nous devons faire une recette de tête.


L’idée est simple : avant de cuisiner, on prend deux minutes pour remplir la fiche, surtout si la recette n’a pas été faite récemment.

  • On sépare ce qui est nécessaire, ce qu’on a déjà (placards/frigo) et ce qu’il faut acheter.

  • On liste tous les ustensiles, récipients, outils de cuisine nécessaire à la réalisation et on le sort sur le plan de travail.

  • On écrit les étapes en version courte, une ligne par étape, pour ensuite les cocher au fur et à mesure.

Les temps (préparation et cuisson) deviennent des repères très sécurisants.


Fiche d'organisation de recette
Fiche d'organisation de recette
7- Créer un carnet de recettes

L’idée n’est pas d’avoir une collection infinie mais un petit noyau de recettes qui marchent, celles qui mettent en confiance.

  • Choisir une vingtaine de recettes, avec un format identique à chaque fois : ingrédients, ustensiles, étapes, temps.

  • Limiter le nombre d’étapes aide énormément : huit étapes, c’est souvent un bon Insérer une photo du plat final peut servir de guide et de motivation.

  • Suggérer en fin de recette un accompagnement ou un protéine pour proposer un repas équilibré.


Ce type de carnet a un avantage très concret : il limite le choix, soutient la mémoire de travail, structure la réflexion.


... Un tout petit mot sur le frigo

Souvent, ce qui fatigue le plus, ce n’est pas de cuisiner… c’est de chercher. Chercher les ingrédients, vérifier ce qu’il manque, hésiter sur les quantités, ouvrir plusieurs placards, revenir au frigo, puis se demander : « Est-ce que je l’ai déjà sorti ? ». Quand la mémoire de travail est fragile, cette étape “avant la cuisine” peut déjà épuiser.


Une astuce très efficace consiste à organiser le réfrigérateur avec un système de boîtes "recettes". Le principe est simple : une boîte = une recette. Dans cette boîte, on place tout ce qui est déjà disponible, et idéalement dans la bonne quantité pour ce repas. Le jour où l’on cuisine, on ne réfléchit presque plus : on sort la boîte, on pose le contenu sur le plan de travail, et on suit les étapes.


Mais nous prendrons le temps de revenir sur l'organisation du réfrigérateur dans le prochain article.



Conclusion

Cuisiner peut rester un moment simple, agréable et rassurant, même quand la mémoire ou la concentration fatiguent. Ce qui change tout, ce n’est pas d’en faire davantage : c’est de rendre la tâche plus légère. En choisissant des recettes qui mettent en réussite, en préparant le décor, en s’autorisant des raccourcis, en avançant une étape après l’autre avec des repères visuels et en s’appuyant sur des outils concrets comme le minuteur ou la fiche d’organisation, on retire du poids à la mémoire… et on redonne de l’air à la confiance.


C’est exactement dans cet esprit que sont pensés Les Carnets de Léon et Augustine : partir d’activités du quotidien comme la cuisine, les courses, le jardin, pour stimuler les fonctions cognitives sans se sentir évalué. Parce que lorsque l’on s’appuie sur des situations familières, nous participons plus volontiers, nous nous sentons plus compétentes. L’activité a alors du sens et elle favorise autant la mémoire que la motivation.



 
 
 
bottom of page